Chirurgie plastique chez les mineurs : comment orienter les parents

Nous avions, dans l’article précédent, distingué deux catégories chez les enfants et les jeunes adolescents confrontés à la chirurgie esthétique. Cette dernière est considérée comme un réel besoin chez la première catégorie tandis que chez le deuxième groupe elle n’est pas forcement nécessaire, du moins tant que ces enfants étaient mineurs.  Dans cette deuxième partie de notre étude nous allons rentrer dans les détails de chaque intervention et catégorie d’interventions pour orienter les parents.

La chirurgie du visage avec ses liftings et autres lipofilling devrait être retardée jusqu’à 18 ans pour les femmes et 20-21 ans pour les hommes, car c’est à cet âge que la croissance de crâne et du squelette facial cesse.

La chirurgie mammaire doit être indiquée lorsque le gain de poids qui survient après l’adolescence cesse. La condition raisonnable est d’attendre 19 – 20 ans, bien que chez les filles avec une aplasie sévère des seins, les seins auront la même taille à 17 ans qu’à 20 ans. Dans cette situation, les avantages peuvent l’emporter sur les inconvénients. De même, chez les jeunes filles souffrant d’hypertrophie virginale, il serait déraisonnable de reporter l’intervention.

En ce qui concerne la liposuccion chez les adolescents, il est nécessaire d’être plus restrictif, puisque le dépôt de graisse chez la femme et la stabilisation de l’indice de masse corporelle -IMC- ne peuvent pas être appréciés avant 21 ou 22 ans. Les jeunes souffrant de troubles de l’alimentation tels que la boulimie et l’anorexie ne sont pas de bons candidats à la liposuccion.

La décision, de passer par la salle d’opération pour effectuer une amélioration de certaines parties du corps est encouragée, dans la plupart des cas, par le modèle esthétique qui est transféré aux jeunes a travers les médias, les réseaux sociaux ou des campagnes publicitaires.

Sur ce point, de nombreux psychothérapeutes et psychologues soulignent que les médias et les réseaux sociaux ont montré depuis fort longtemps des hommes et des femmes parfaits, avec un canon de beauté qui est difficile à atteindre. C’est la réalité dans laquelle grandissent les jeunes filles et les jeunes garçons depuis leur tendre enfance.

Il est donc important de transmettre aux jeunes l’idée que le plus important n’est pas seulement une question d’apparence physique. Il faut lutter contre la croyance erronée que si vous atteignez ce physique « spectaculaire », vous obtiendrez plus d’acceptation sociale et, par conséquent, vous vous sentirez intégré à un certain groupe social. Nous devons aider les jeunes à comprendre que l’acceptation la plus importante est celle de soi-même. La société doit reconnaitre son échec lorsque, chez les jeunes, le besoin d’avoir confiance en soi ne passe que par leur image extérieure.

Chez les enfants de 6 à 12 ans. Les parents doivent écouter l’enfant et explorer avec l’aide d’experts (médecins, psychologues et psychiatres) la demande, et bien sûr évaluer la motivation. Ce n’est pas seulement une question d’adéquation ou non de l’opération, mais parce qu’il faut prendre en compte le fait que l’enfant est encore en plein développement et en pleine croissance, et qu’il peut changer physiquement.  En général, ce n’est pas une décision qui peut être uniquement fondée sur la demande de l’enfant.

Entre 12 et 16 ans. C’est une décision à évaluer conjointement avec l’enfant et de manière multidisciplinaire. De nombreux facteurs psychologiques permettent de déterminer s’il y a, derrière ce besoin de chirurgie esthétique, un trouble de l’alimentation, ou même des défaillances dans le niveau d’intégration de l’enfant, l’acceptation de soi et l’estime de soi.

Entre 16 et 18 ans. C’est avant tout une décision intrafamiliale, mais il peut aussi être nécessaire d’aller demander de l’aide et un conseil psychologique.