Chirurgie plastique chez les mineurs : ce que les parents doivent savoir

La norme des experts est de ne pas opérer avant que le patient ait atteint une maturité physique et psychique essentielle pour prendre ses décisions et en assumer les conséquences. Quelle personne, après avoir scruté le miroir avant de s’habiller, n’a pas pensé à modifier une partie de son corps ?  Les oreilles sont décollées ? Et si je réduisais un peu plus mes hanches pour qu’elles ne soient pas si larges ? Le nez semble un peu démesuré …

Ces questions et bien d’autres ne cessent de tarauder une jeune génération qui cherche absolument à paraitre aux yeux de leurs proches mais aussi aux yeux des réseaux sociaux pour se sentir totalement à l’aise avec eux-mêmes. Une récente enquête, affirme que 66% des chirurgiens plastiques de France, Royaume-Uni et Espagne reçoivent une demande accrue d’interventions de chirurgie esthétique de la part de patients de plus en plus jeunes.

Un éminent spécialiste de la chirurgie plastique et reconstructive, souligne que parmi les enfants et les jeunes qui bénéficient d’une chirurgie esthétique, deux groupes doivent être différenciés. Un premier groupe, formé par des enfants et des jeunes affectés par une malformation génétique et par des adolescents avec des variations de la forme qui sortent de la « moyenne » et qui supposent un sérieux problème pour leur développement personnel et leur socialisation. Le second groupe est composée d’adolescents et de mineurs qui demandent une intervention de chirurgie esthétique.

Réel besoin esthétique ou simple caprice d’enfant ?

Dans le premier cas, il ne fait aucun doute qu’un plan de traitement chirurgical doit être initié, ce qui, dans la plupart des cas, est bien documenté. Ce type de chirurgie peut concerner, par exemple, un enfant atteint d’une fente labio-palatine. Les enfants qui ont des oreilles proéminentes, sont généralement opérés pendant l’enfance, et certaines interventions comme une réduction mammaire chez les jeunes filles souffrant d’hypertrophie mammaire peuvent également être largement justifiées. Il faut donc garder à l’esprit que les adolescents diagnostiqués avec rigueur peuvent bénéficier d’une intervention de chirurgie plastique, si en réalité il y a une indication médicale.

En ce qui concerne la seconde catégorie, ceux qui souhaitent bénéficier d’une intervention de chirurgie esthétique, sauf cas particuliers, la règle ne fonctionne pas jusqu’à ce que le patient ait atteint une maturité physique et psychologique nécessaire pour prendre ses décisions et en assumer les conséquences. La collaboration avec les parents est cruciale pour reporter l’intervention, en maintenant un calendrier de consultations périodiques, qui soutiennent l’adolescent et évaluent la progression du degré de maturation.