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Telle est la question que se posent les chercheurs du monde entier après la découverte de quatre dents sur le site de Krapina, en Croatie. L’homme de Neandertal, proche cousin de l’homme moderne a disparu il y a 38000 ans et ses capacités cognitives sont toujours débattues, pour savoir s’il avait un sens de l’esthétique voire une conscience de l’art. Depuis de récentes découvertes en Croatie et en Ukraine, la communauté scientifique est persuadée que l’homme de Neandertal, sans avoir inventé les implants dentaires, a tenté de se soigner ou d’arranger sa dentition pour raisons esthétiques.

Crâne découvert à Krapina, Croatie

David Frayer, professeur émérite d’anthropologie à l’université du Kansas et auteur de la découverte, explique, dans The Bulletin of the International Association for Paleodontology, avoir découvert de multiples rainures et autres marques de manipulation sur les quatre dents trouvées. “Prises ensemble, toutes ces marques correspondent à un certain problème dentaire qui faisait peut-être souffrir ce Néandertalien, qui essayait de se soigner ou de graver lui-même avec un cure-dent”, affirme Le professeur Frayer.

La stupéfaction des chercheurs réside dans la prémolaire et la dent de sagesse retrouvées hors de leur position normale sur la mâchoire. Cette position anormale ainsi que les différentes rainures constatées sur les autres dents forcent les chercheurs à envisager que l’homme de Neandertal a essayé d’extraire cette dent.

Soins esthétiques ou soins médicaux ? La communauté scientifique est partagée

Ne pouvant déterminer si la dent en question était douloureuse ou pas, le chercheurs ont été pris d’un doute : Neandertal a-t-il agit pour raisons médicales ou pour raisons esthétiques ?

La question est légitime depuis la découverte de serres d’aigles transformés en bijoux, sur le même site de Krapina. Cette dernière découverte force la communauté scientifique à revoir leurs estimations au sujet des premiers humains et au sujet de la naissance de l’art et l’esthétique.

Un autre fragment d’os de corbeau gravé a également semé le doute au sein de la communauté scientifique. A peine plus grand qu’un ongle, ce bout d’os laisse apparaitre huit entailles gravées au silex. A l’aide d’un microscope électronique, les chercheurs ont pu prouver que l’artiste avait initialement gravé six entailles avant d’en rajouter deux autres pour obtenir un résultat harmonieux.

Pour prouver leur théorie, les scientifiques ont demandé à un groupe de volontaires de reproduire l’expérience en gravant huit entailles sur des os de dinde. L’étude a prouvé que les volontaires ont réalisés précisément les mêmes entailles réalisées 40 000 ans plus tôt par notre cousin.