Anesthésie: la découverte qui a changé la chirurgie

Imaginez, un seul instant, une opération de chirurgie esthétique, telle qu’une rhinoplastie, sans anesthésie générale. Difficile, n’est-ce pas ? Pourtant les premières opérations de chirurgie de l’histoire ont eu lieu sans anesthésie et hormis quelques potions enivrantes et autres élixirs soporifiques censés atténuer la douleur, les patients se faisaient charcutés à vif !

 

Aujourd’hui, sans anesthésie, impossible pour un chirurgien de procéder à un acte chirurgical sans être assimilé à un bourreau psychopathe assoiffé de sang. Auparavant pour atténuer les douleurs il fallait tout simplement opérer vite, voir très vite. Il suffisait ainsi de quelques secondes pour amputer un membre. Il est vrai que, partout dans le monde, l’homme a de tout temps découvert les propriétés somnifères, sédatives ou analgésiques de certaines plantes telles que le pavot, le chanvre ou la mandragore.

Ambroise Paré, le célèbre chirurgien des rois avait été un des premiers à préconiser des mixtions d’opium et d’alcool à fortes doses pour étourdir ses patients. Il fut l’un des premiers chirurgiens à tenter de recoudre les plaies au lieu de les cautériser au fer rouge. L’évolution des anesthésiques se poursuivra au Japon par l’intermédiaire de Hanoaka Seishun. Ce médecin est sans doute le premier, en 1804, à avoir opérer sous anesthésie générale à l’aide d’une mixture d’herbes naturelles.

Quelques années plus tard et de l’autre côté du Pacifique, un certain Gardner Quincy Colton, chimiste itinérant, conférencier, dentiste et directeur du cirque du Gaz Hilarant, administre à un volontaire une dose d’oxyde nitreux avant de soigner sa jambe blessée. Horace Wells, un autre dentiste qui assiste à la démonstration, observe l’absence de réaction immédiate chez le volontaire et réalise immédiatement le potentiel du gaz hilarant.

Subjugué par cette démonstration, Horace Wells demande à Colton de refaire l’expérience en lui retirant une dent après avoir été anesthésié. Devant le succès de l’expérience, Wells s’empresse de partager sa découverte avec ses collègues de l’hôpital de Boston. Usant de la même méthode que Colton, il rate son opération à la suite d’un mauvais calcul sur la quantité de gaz nécessaire et subit les foudres de ses pairs. N’ayant jamais pu se relever de cet échec, Wells abandonnera la dentisterie mais finira par être reconnu comme le pionnier incontestable dans l’utilisation de l’anesthésie en dentisterie.

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